Le Labor Day aux États-Unis

Aux États-Unis la fête du travail ne se déroule pas à la même date que dans la plupart des autres pays. C’est en effet au cours l’été de 1885 que le Central Labor Union, fondé à New-York en mars 1882, a décidé de déplacer la date 1er Mai au 1er lundi de Septembre. Il s’agit d’un jour férié marquant traditionnellement la rentrée (scolaire, artistique, etc.) après les vacances d’été.
« Considérant que différents jours de l’année sont consacrés par la loi comme jour de repos en mémoire d’événements importants, et considérant qu’il n’en est aucun qui se rapporte à une démonstration ouvrière, Le Central Labor Union déclare le premier lundi de septembre de chaque année Labor Day et décide que ce jour sera observé comme jour de repos. Nous demandons à toutes les organisations centrales de travailleurs dans tous les États-Unis de s’unir à nous pour exécuter dans sa lettre et dans son esprit la présente résolution. »
Avec les longues heures et les conditions de travail terribles, les ouvriers new-yorkais expriment pour la première leur demande d’un meilleur mode de vie le mardi 5 septembre 1882. De l’hôtel de ville à la place des syndicats, 10.000 ouvriers marchent inaugurant le tout premier défilé de la Fête du travail.
Les participants ont pris un jour de congés sans solde pour honorer les ouvriers de l’Amérique, et aussi pour exprimer leurs revendications aux employeurs. Au fil des années, d’autre États commencent à tenir ces défilés, mais le Congrès ne légalisera ce jour chômé en jour férié que 12 ans après.
Le 11 mai 1894, les ouvriers de Pullman Palace Car Company à Chicago protestent contre des réductions de salaire et le licenciement des représentants des syndicats. Ils cherchent l’appui de leur syndicat central mené par Eugene V. Debs. Le 26 juin, l’union américaine des chemins de fer appelle à un boycott de toutes les voitures ferroviaires de Pullman. Dans des jours qui suivent, 50.000 ouvriers du rail se conforment à cette directive et la circulation ferroviaire à Chicago s’arrête.
Le 4 juillet, le président américain Grover Cleveland envoie 12 000 hommes de troupe pour briser le mouvement, s’ensuivent des émeutes et des affrontements violents. Deux hommes furent tués au cours de ces affrontements, à Kensington, près de Chicago. La grève fut déclarée terminée le 3 août 1894, les ouvriers de Pullman prenant même l’engagement de ne plus se syndiquer.
En raison de la brutalité démontrée, les représentants s’émeuvent et ceux de Washington réussirent à faire passer la proposition d’un jour chômé (le 1er lundi de septembre) pour honorer les travailleurs. Le président lui-même signa le projet de loi instaurant officiellement le Labor Day (six jours à peine après l’intervention de l’armée) dans l’espoir de se faire réélire la même année, mais cet espoir s’avéra vain.
La première proposition de Labor Day aurait selon le Département du Travail des États-Unis l’origine suivante.
Quelques sources démontrent que Peter J. McGuire, secrétaire général de la confrérie des charpentiers et des menuisiers avec l’aide d’un cofondateur de la fédération américaine du travail, seraient les premiers à avoir suggérer un jour pour honorer « Ceux qui de la nature brute ont taillé et ouvragé toute la splendeur que nous contemplons. »
Mais la place de Peter McGuire dans l’histoire de Fête du travail n’est pas incontestée. Beaucoup croient que Matthew Maguire, un machiniste, et non Peter McGuire, proposa ce cette fête le premier. La recherche récente semble soutenir la controverse que Matthew Maguire, qui sera plus tard secrétaire de l’association internationale des machinistes de Paterson, New Jersey, proposa ce jour en 1882 alors qu’il était secrétaire du syndicat central à New York. Ce qui est clair c’est que le syndicat central adopta une proposition de Labor Day et nomma un comité pour prévoir une manifestation avec un pique-nique la dite année.
Ecrit par Americas à 2 h 49 min le 26 juillet 2009


